Altruisme et Leadership sont-ils compatibles ?

Pour cela, il nous faut tout d’abord éclairer cette notion de leadership.

Crédit Photo : A Grisard


Le Larousse propose cette définition : « Position dominante qu’occupe en droit ou en fait un homme politique au sein d’un mouvement ou d’un Etat. » Voilà, c’est dit ! Gloups… continuons…
Autres définitions : « Hégémonie d’un pays qui est à la tête d’un groupe de nations », ou encore « Rôle de leader d’une entreprise, d’une branche d’activité… » Le leader étant celui qui, « à la tête d’une organisation », « prend la plupart des initiatives, détient le commandement, occupe la première place ».
Voilà, ça aussi c’est dit !
Ces deux définitions excluent de facto les femmes et proposent une vision très orientée pouvoir, voire domination.
L’article Wikipedia, lui, mentionne « la confiance réciproque entre le groupe et le leader, la capacité à fédérer et à mobiliser les énergies autour d’une action collective, et une élection formelle ou informelle du leader, auquel la majorité des membres du groupe délègue son pouvoir de décision. »


Citant des leaders tels que :

  • Gandhi, Churchill, Charles de Gaulle, Martin Luther King Mandela, dans la sphère politique
  • Coco Chanel, Steve Jobs dans la sphère des entreprises privées
  • Lawrence d’Arabie, William Wallace dans la sphère de l’armée
  • Soeur Emmanuelle, l’Abbé Pierre, Coluche dans la sphère des associations humanitaires
  • Louis Armstrong dans la sphère musicale, auquel j’adjoins parmi les chefs d’orchestre Daniel Barenboim chef israélo-palestinien, ou encore Claire Gibault, Emmanuelle Haïm cheffes dans un monde quasiment exclusivement masculin
  • Le Dalaï-lama ou le pape François, dans la sphère spirituelle

Pour Robert Sternberg, psychologue américain, leadership et créativité sont intimement liés.
Youssef Ourdi, chercheur à l’origine de Learn2lead, affirme que le leadership peut s’apprendre.
Le leadership est également connecté à la capacité à communiquer, à passer des messages, à influencer, à avoir un impact.

Les marqueurs du Leadership, selon l’OMS :

  • l’ancrage émotionnel, dont la relation à soi, à ses émotions
  • l’agilité cognitive, dont la prise de risque, l’adaptation au changement, la créativité
  • les relations authentiques, dont l’empathie, la résolution de conflit, la capacité à fédérer, à partager sa vision

Ma vision de la compatibilité entre leadership et altruisme

A travers les séances de coaching que je réalise auprès de personnes d’âge, de position sociale et d’expériences très variés (de l’étudiant à la cheffe d’entreprise), je distingue aujourd’hui deux grandes formes de leadership :

  1. L’une plutôt individuelle, où la personne déploie spontanément une formidable énergie qui lui permet de passer les obstacles, de relever les défis, prendre des risques, et mener son projet  à son terme quel que soient les obstacles rencontrés. « Qui m’aime me suive ».
  2. L’autre plutôt collective, où la personne a une perception affinée des compétences -soft & hard skills- des membres de son équipe, voire recrute une équipe pour un projet déterminé, en réalisant une subtile alchimie des talents qui va permettre au projet d’arriver à bon port, chacun.e étant reconnu pour ses compétences et ses talents au service du projet fédéré par le.la leader.  » Tous ensemble au service d’un projet « .

Bien souvent, d’ailleurs, le « leader collectif » présente au départ une certaine cécité quant à ce talent particulier de fédérer autour d’un projet, d’un idéal. C’est un peu comme le caméléon, qui à force d’adopter la couleur de son support, ne sait plus tellement quelle est sa couleur d’origine ! Et lorsque le voile se lève, la personne reconnaît qu’elle agit de la sorte depuis toujours, sans faire particulièrement d’effort, avec une facilité certaine.
Cette forme de leadership est également corrélée bien souvent à une créativité au service du projet mené, ainsi qu’une grande capacité à communiquer avec tout un chacun.

La posture altruiste est fondée sur des valeurs -la compassion, l’altérité, l’épanouissement, la bienveillance, la sollicitude, le désintérêt, l’accomplissement, la recherche du bonheur…-, sur un choix conscient de vie et également sur la capacité d’empathie.
Il me semble donc que le « leader collectif », pour peu qu’il partage ces valeurs, s’appuie sur ces deux fondements : les valeurs portées par l’altruisme et la fédération spontanée autour de projets ou d’idéaux.

Et vous ? Comment voyez-vous cela ?