Des humain.e.s et des IA

Quelques réflexions qui se poursuivent ici après un premier article Doper l’humain face au trio IA-cyber-BigData, compilant des ressources sur 6 mois et une “unconference” autrement dit un atelier en intelligence collective, que j’ai co-animé avec Adrien Joly, pour les Alumni INSA A l’ere de l’IA, que devient notre travail ?

Le nouvel épisode de ma quête est une conférence IA, proposée par et pour un réseau de femmes entrepreneures, “Et si l’intelligence artificielle devenait votre meilleure alliée business”.

Le format conférence

  • C’est un format qui permet de montrer certains aspects, rapidement, en mode « descendant », d’un expert vers une assemblée de femmes entrepreneures ou salariées. 
  • Qu’en reste-t-il ensuite ? La confirmation de ce qu’on savait déjà, et peut-être des idées d’autres outils à tester, éventuellement, quand on aura le temps.

Dans cet espace, quelle place est laissée à l’intelligence collective ?

  • Dans la promesse de l’atelier se tenait la question « Et si nous reprenions un peu de pouvoir sur notre temps ? » question qui me semble en effet essentielle. L’égalité sur le temps d’une journée est parfaite : 24 heures par jour !
  • La tonalité proposée par le conférencier : en faire toujours plus, pour garder le rythme. Avec un agenda 7-21:30 7 jours sur 7. Et la fierté d’abattre le boulot de 10 personnes
  • Parmi les participantes, des expertises qu’on n’a quasiment pas entendues, sur les sujets des impacts en propriété intellectuelle, en santé mentale, en stratégie commerciale, en management

Au delà de cet instant d’atelier, les questions qui résonnent pour moi sont :

  • Quelle réflexion est réellement menée sur les impacts économiques de l’utilisation de l’IA ? Le coût des abonnements actuels est très loin du coût réel -d’après le conférencier, le coût réel est 8000 fois celui qu’il paie aujourd’hui- Que se passera-t-il lorsque le coût réel impactera les entreprises utilisatrices ? Serait-ce un symptôme visible d’une bulle IA ?
  • Quelle réflexion sur les impacts cognitifs ? Le conférencier montre à l’écran son cerveau externalisé, chaque pixel de l’image étant relié à de la data, un rendez-vous, un projet, une tâche. Une compétence cognitive qui n’est plus utilisée se dégrade inexorablement. Quels sont les impacts de ne plus écrire soi-même ses contenus ? De les dicter oralement vs les écrire, ou les taper ? Faire compiler du contenu à une IA réduit quasiment à néant la mémorisation du dit contenu. Quelle réflexion est menée sur cette externalisation de la mémoire ?
  • Quelle conscience de nos processus de prise de décision ? Notamment lorsque ces décisions sont complexes. Avec ou sans IA, le cerveau humain a un fonctionnement, et cela ne va pas changer rapidement, nous devons faire avec. La chose sur laquelle nous avons la main, c’est de comprendre nos fonctionnements, pour décider ce que nous choisissons de faire ou de ne pas faire et des limites de nos choix avec les parties conscientes et les parties inconscientes.
  • Quel plaisir à travailler, lorsque l’IA dresse le matin la liste des choses à faire impérativement dans la journée ? Quelle liberté créative dans cet espace hyper contraint, qui plus est, auto-infligé ?

Pour boucler avec les éléments décrits dans mon précédent article, Doper l’humain face au trio IA-cyber-BigData, cette conférence a nourri le point « processus efficaces » avec une totale cécité sur les 11 autres points du modèle Systèmes Hautement Performants.